 De nombreux minéraux sont présents en Guyane : Or, Molybdène, Lithium, Uranium, Diamant, Bauxite... mais seule l'exploitation de l'or est rentable. Si l'exploitation des gisements alluvionnaires (exploitation de l'or de surface et des fleuves) est le plus répandu chez les petits orpailleurs, souvent illégaux, les grandes sociétés multinationales privilégient l'exploitation de gisements profonds, beaucoup plus riches, mais nécessitant des investissements lourds. Il s'agit d'extraire des tonnes de cailloux qui sont ensuite concassés puis traités pour obtenir de la poudre d'or.
Dés le XVIIème siècle les premières expéditions vers les Guyanes ont été motivées par la découverte d’un mythique El Dorado. Il faudra cependant attendre le milieu du XIXème siècle et les ruées vers l’or, qui commencent en Californie puis se propagent en Australie, en Afrique du Sud et au Brésil, pour que l’or soit enfin découvert en Guyane.
L'Eldorado (de l'espagnol « el dorado » : le doré) est une contrée mythique d'Amérique du Sud supposée regorger d'or. Ce mythe est apparu en 1536 rapidement relayé par les conquistadors espagnols. C'est en fait une coutume des indiens Chibcha qui est à l'origine du mythe. Une fois par an, le chef (recouvert d'or en poudre) allait dans l'eau d'un lac pendant que les villageois lançaient des objets d'or ainsi que d'autres objets précieux dans l'eau. Cette coutume a été transformée jusqu'à donner naissance au mythe d'Eldorado.
Le mythe est resté vivace jusqu'au XVIIIe siècle chez les conquistadors et les Indiens, qui situaient plus précisément cette contrée entre le fleuve Orénoque et le fleuve Amazone, sur le territoire actuel du Brésil, la Guyane, le Venezuela, le Suriname et le Guyana.
L’or est signalé pour la première fois en 1855 par Paoline, orpailleur brésilien, dans la crique Aïcoupaïe dans le bassin de l’Approuague. Cet événement provoque rapidement une ruée vers l’intérieur des terres où les premiers aventuriers recherchent l’or à la simple batée et l’exploitent à l’aide du long-tom puis du véritable sluice des outils arrivés de Californie.
La première société à s’intéresser à l’or de Guyane se constitue en 1855, il s’agit de la Société de l’Approuague. Elle obtient une concession de 200 000 ha sur laquelle elle exploite les placers les plus riches. Dès le début les résultats sont inespérés malgré l’inexpérience des premiers exploitants. Cependant cette société a également une activité agricole qui contrairement à l’extraction aurifère est non rentable, ceci entraîne rapidement sa ruine.
Mais cet échec relatif n’entame en rien la motivation des premiers prospecteurs et les recherches dans les autres cours d’eau de Guyane permettent par la suite la découverte des placers du Comté, du Sinnamary (Saint Elie et Adieu Vat en 1873), de la Mana (Elysée en 1878) et du Maroni. C’est alors l’époque des rushes: chaque nouvelle découverte draine vers l’intérieur des milliers de prospecteurs qui se concentrent souvent sur des placers de surface très réduite.
L'exploitation plus ou moins incontrôlée de l'or, en plus des ravages forestiers qu'elle occasionne, est responsable d'une pollution beaucoup plus grave et insidieuse : la libération dans l'environnement de quantités énormes de mercure. Celui-ci est utilisé pour séparer l'or des impuretés. Le mercure s'amalgame à l'or et il suffit ensuite de chauffer le mélange pour séparer les deux éléments et récupérer l'or. Le mercure est souvent déversé, après utilisation, dans les rivières. Or le mercure s'accumule dans le foie des poissons des rivières, puis dans l'organisme des Amérindiens qui vivent de la pêche depuis la nuit des temps.
En Guyane, plusieurs milliers de chercheurs d’or clandestins, venus principalement de régions défavorisées du Brésil ou du Surinam, les "garimpeiros", exploitent le sous-sol. Travailleurs illégaux, sans papiers, sous payés, quasiment réduits à l’état d’esclave, ils sont les premiers à faire les frais de la pollution qu’ils engendrent. Le mercure et les carburants, ainsi que les armes, la drogue et l'alcool font également l'objet d'un commerce caché par les garimpeiros, et les exploitations s'accompagnent localement de prostitution et de violences.
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