|
Le Carnaval de Guyane est le plus long du monde puisqu'il peut durer jusqu'à 9 semaines ! Cette grande fête où l'on peut chanter, danser et s'amuser, n'est pas seulement l'occasion de se divertir c'est aussi une façon de perpétuer la tradition créole.
Son Histoire
Le carnaval de Guyane aurait vu le jour à la libération des esclaves, vers les années 1850. L'idée était d'imiter les anciens maîtres : les fêtes de l'Épiphanie, avec le traditionnel gâteau des Rois et la fête de la chair dite des Jours Gras qui précédaient l'entrée en Carême. Le carnaval fût institutionnalisé en 1885 par un arrêté municipal pris par le premier Maire de Cayenne M. Alexandre Franconie.
|
 |
 |
|
On dansait alors : la valse, la mazurka, la polka, le fox trot, le slow et la biguine.
Le partage de la galette jouait un rôle prépondérant : chaque samedi on se réunissait pour " casser la galette " et élire un roi et une reine à qui incombaient alors la charge d'organiser le bal du samedi suivant. Ces moments conviviaux duraient jusqu'à la fin du carnaval. Les participants cotisaient pour participer à ces bals, alors que les maîtres de maison offraient à manger et à boire.
|
Dès l'Épiphanie et jusqu'au Mercredi des Cendres, la Guyane est en fête et propose :
- des défilés le dimanche,
- des bals masqués publics et privés,
- des élections de mini reine ou mini roi ainsi que de la Reine du carnaval,
- des soirées tololos lors desquelles les hommes sont déguisés et masqués (voir ci-dessous),
- les soirées galettes : en Guyane, l'on déguste la galette partout et pendant tout le temps que dure carnaval.
Les « Jours Gras »
- Le Dimanche gras (dernier dimanche de carnaval) : la grande parade envahit les rues de Cayenne,
- Le Lundi gras : des couples étranges se forment pour des mariages burlesques.
- Le Mardi gras est le jour des diables rouges où les touloulous, et parfois même les spectateurs, sont habillés en rouge et noir. C'est le jour de l'élection du mini roi ou de la mini reine.
- Le Mercredi des Cendres : ce jour-là « Vaval ka kité nou ». Les diablesses, vêtues de blanc et noir (couleurs du deuil), pleurent la mort prochaine de Vaval qui sera brûlé en fin de journée.
La Mi-Carême
Ce dernier défilé carnavalesque est mené par la Reine du carnaval. Il anime les rues de Cayenne.
|
 |
 |
Les Universités
Les dancings Nana, Polina, Soleil Levant... sont les rendez-vous incontournables pour le « bal paré masqué ». Ces soirs-là, les touloulous, femmes costumées des pieds à la tête qui ne doivent pas être reconnues, invitent les hommes à danser. Ceux-ci n'ont pas le droit de refuser et doivent de surcroît offrir à boire et à manger à la touloulou.
Le Vidé
Au petit matin un orchestre, juché sur un camion, parcoure les rues pour « vider » les salles de bal. Si un participant passe devant sa maison, il peut quitter le cortège pour rentrer chez lui. La plupart des participants vont généralement jusqu'à la place du marché pour déguster le « blaff ».
|
| Touloulous et Tololos |
 Les « touloulous » sont des femmes déguisées de la tête au pied de façon à ce qu'on ne les reconnaisse pas. Inversement pour les "tololos" qui sont des hommes déguisés mais en femme.
La préparation du « touloulou » se fait dans le secret le plus total, soit entre femmes ou entre hommes. On dit par exemple qu'un homme dansant avec un « touloulou » ne doit pas savoir s'il danse avec un homme, une femme, une personne mince, forte ou même sa propre épouse. Normalement les « touloulous » vont jusqu'à maquiller le contour de leurs yeux pour qu'on ne voit pas un centimètre carré de leurs peau ! Notez que la température est toujours de 30°C au minimum avec la foule dans la boite de nuit et que les "touloulous" cumulent au moins trois couches de vêtements ! Il fait parfois si chaud dans la boite, qu'avec la condensation, il pleut à l'intérieur !
L'autre particularité des « touloulous » est qu'ils ne parlent pas à leur partenaire (pour ne pas être reconnus) et qu'ils mènent la danse. Seules les « touloulous » ont le droit d'inviter à danser.
 Des soirées Touloulous ont lieu les vendredis et samedis soir dans les « universités », qui sont des dancings qui n'ouvrent qu'à l'occasion du carnaval : Chez Polina et Kalinana à Matoury et Chez Nana à Cayenne. Ces soirées sont surtout fréquentées par les créoles, mais aussi les métropolitains et quelques brésiliennes. Lors des soirées Touloulous, seules les Touloulous sont déguisées. Les Touloulous sont les reines du carnaval. Ce sont des femmes déguisées de la tête aux pieds. La Touloulou a une réputation un peu sulfureuse (on observe un boum des naissances en septembre !). C'est la Touloulou qui invite à danser : les hommes s'agglutinent autour de la piste pour être choisis. Les danses du carnaval sont la mazurka, la biguine et le très explicite et torride « piquet » ou zouk piqué... Les soirées Touloulous sont très chaudes au sens propre comme au sens figuré... Les touloulous abordent souvent les hommes par la phrase « Touloulou a soif », une invitation à se faire payer un verre qui sera bu à la paille à travers le masque.
|
Zonbibaréyo ou zombi bare'yo
Rappelle les personnages de légendes créoles, les zombis qui se réveillent et sortent de leur tombe pour prendre l'esprit de quelqu'un. |
 Du vendredi soir au lundi matin et cela durant toutes les semaines du carnaval, le département vit au rythme des bals masqués, et des défilés dans les rues de Cayenne et des autres communes. Pendant toute la durée des festivités, la Guyane vit au ralenti.
|
Les Balayeuses
Représentent l'ordre et la netteté. Elles sont habillées d'une longue robe et d'un « kam'za » noué à la taille. Elles sont coiffées de la chatte de madras et défile munie d'un balai. |
Anglébannann
Ce personnage, habillé d'une redingote et d'un chapeau haut de forme, se déplace avec une canne. Il est une caricature du costume que portaient les Anglais qui vivaient à Cayenne. |
La coupeuse de cannes
Elle porte un sabre d'abattis et une canne à sucre et rappelle la part importante qu'occupait la canne à sucre dans l'activité économique de la Guyane : sucre et rhum. Par extension ce costume représente tous les " Maléré " - les pauvres travailleurs des plantations. |
Dyab dan bwèt
Un ou deux travestis promènent un secret enfermé dans une boite. La boite peut abriter une bonne ou une mauvaise surprise. |
Lanmo
Ce squelette drapé de blanc symbolise la mort. |
Gro Têt
Existe depuis les années 60. Il est affublé d'une énorme tête. |
Béfvolobéf
Il est tenu en laisse par son maître mais en fait, c'est lui qui choisit son trajet. |
Jé farin ou jwé farine
C'est la fée de l'abondance. Ce touloulou symbolise la vie, la joie de vivre, la gaieté. Attention à ne pas se moquer de lui sinon il vous blanchira avec la farine qu'il tient dans son tablier. |
Karolin
Représente une anglaise devenue riche grâce à l'orpaillage. Elle circule avec son mari sur le dos afin que l'on ne puisse pas le lui voler. |
Neg' marron
Ils rappellent ceux qui choisirent le « marronnage » et assure le service d'ordre des touloulous. Ils ont le corps enduits d'un mélange de suie et d'huile. Ils portent un pagne rouge et colorent leur bouche en mâchant du roucou et de l'aoura. |
Dyab rouge
Ce personnage à cornes, tout de rouge vêtu, affublé d'une longue queue et d'une fourche apparaît le mardi-gras. |
Sousouri
La chauve souris peut courir après les enfants ou piquer avec ses aiguilles. |
La Dyablès
Elle est en noir et blanc et apparaît le Mercredi des Cendres. Elle porte le deuil de Vaval le roi du carnaval et pour être sûre d'être vue, elle traîne des objets bruyants. |
Bobi
Issu de l'imagination populaire ce touloulou, mi- ours mi-éléphant, danse au son d'une flûte et du « Ti-Bois ». |
Vidangeur
Ce touloulou est né de la vie guyanaise pendant le bagne. Il représente les bagnards qui passaient vider les tinettes entre minuit et six heures du matin. |
|
| Quelques scènes et portraits festifs |
 |
 |
 |
| Dyabs rouges | Reine du Caranaval |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
 |
|
|