Ma Guyane
La Guyane au quotidien par les guyanais...
 
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La Guyane, c'est aussi des sons, des rythmes, des instruments de musique,
des danses et des costumes traditionnels.

La musique et les chants créoles : 
quand l'Afrique et l'Europe se rencontrent 

L'orchestre
Un orchestre créole est généralement composé des tambouyen (percussionnistes), du choeur et de la chanteuse soliste.

Les percussions : tanbous, chacha et tibwa...
La musique créole ne saurait se passer des tanbous. Chaque tanbou joue un rôle et peut être utilisé dans des rythmes spécifiques.

Le tambour créole, même s'il a perdu la fonction mystique du tam-tam africain, joue donc un très grand rôle dans la tradition créole. Il est un outil de divertissement. Il incarne la force physique et spirituelle. Il a une vertu énergétique, il est personnifié, certains tanbouyen donnent un nom à leur tambour, et il permet d'affirmer une identité. Mais il n'existe pas UN tambour, il existe DES tambours.

Les 3 types de tambours que l'on trouve en Guyane :
Tanbou grajé : pour la danse du grajé.
Tanbou kaséko que l'on appelle parfois le tanbou lérol : utilisé pour toutes les autres danses.
  • le petit tanbou koupé (tanbouyen-solo) ;
  • le tanbou bas ou tanbou foulé (qui est plus gros) est utilisé par le tanbouyen accompagnateur pour accentuer la cadence.
Tanbou kamougé ou kanmougé :
  • tanbou mâle pour l'accompagnement ;
  • tanbou femelle pour les improvisations.
Aux tambours sont ajoutés le tibwa et les chachas :


Le tibwa :
Il s'agit de deux baguettes de bois que l'on frappe sur un banc ou sur une caisse de bois. Il marque le tempo et il est utilisé pour tous les rythmes sauf le lèrol et le grajé.
Le chacha :
Sorte de hochet qui est utilisé par la chanteuse soliste. On peut surtout l'entendre dans le lérol et le laboulanjèr.

Les tanbouyen
Cet art se transmet souvent de père en fils. Seuls les hommes battaient le tambour et il fallait pour pouvoir le battre être doko (c'est à dire « maître » du tambour).

Les danseurs viennent généralement saluer le tambour. Il n'est pas rare, lors d'un kaséko, de voir les danseurs présenter leur nika et les danseuses, leur koutren.

La chanteuse-soliste
Le véritable chef d'orchestre est la chanteuse que l'on appelle larenn (la reine). Elle chante la première, elle marque la cadence avec son chacha, elle ordonne et dirige le pas des danseurs par ses paroles.

La soliste chante tout d'abord le refrain pour capter l'attention de tous, puis elle chante seulement les couplets et un groupe de femmes chante le refrain. A chaque nouveau chant elle entonne le refrain, une première fois toute seule. La chanteuse peut être auteur compositeur interprète dans une même soirée. Les chants se transmettent oralement.

Le chant, les chants...
Le chant rythme la vie et permet de traverser les différents moments d'une vie ! Autrefois il rythmait aussi le travail.

Le répertoire est très varié et très personnalisé : amour, événements, rivalités... Il permet ainsi de faire passer des messages. L'improvisation est un élément important des chants traditionnels, tout comme les « joutes » qui peuvent exister entre deux chanteurs.

Les chants sont en créole avec des mots amérindiens, bushinengue et français. Très souvent il ne faut pas systématiquement prendre les paroles au sens premier mais plutôt essayer de connaître le contexte afin de ne pas mal interpréter les paroles.

Généralement un chant folklorique commence par le refrain, chanté par la soliste puis repris par le choeur, vient ensuite le couplet, chanté par la soliste, puis le refrain chanté par le choeur...

Les chants parlent d'amour, de la nature, de Dieu, Certains chants célèbrent un objet, un événement, un homme important ou la Guyane. D'autres présentent des revendications, dénoncent les défauts des hommes, sont des chroniques d'actualité. Il existe aussi des chansons malicieuses, de nombreux chants de travail et les chants funèbres.

Les rythmes
La danse, au même titre que les contes, fait partie de la culture populaire. En Guyane, les rythmes sont très variés. On compte 6 rythmes, bien qu'il existe de nombreuses variantes.
  • le grajé lent
  • le grajévals
  • le lérol
  • le kamougé ou kanmougé
  • le débot
  • le kaséko
Certains rythmes ne sont joués que par quelques groupes : moulala glisé, kaladja, djouba-djouba, zink.


La musique et les chants amérindiens : 
quand l'univers de la forêt et des rivières inspirent les hommes 
La musique et la danse occupent une place très importante dans la vie des peuples amérindiens. La musique amérindienne est assez répétitive et propose des rythmes simples. Sa spécificité réside dans l'utilisation qui est faite du souffle, à travers la voix et la gamme très large d'instruments à vent employés.
Elle peut être d'agrément mais elle est surtout liée à des rituels (danses du maïs, du poisson paku..., initiation des jeunes, levées de deuil ...).

Les instruments
Les percussions qui accompagnent les chants :
Les instruments à vent :
  • Le samula : ce tambour (culture Kali'na)
    est frappé avec une mailloche ;
  • Les tambours Arawak ;
  • Le petit tambour Palikur.



Les sonnailles qui donnent le rythme de la danse :
  • Les Kaway : « chevillères » composées de fruits de Kaway séchés et reliés par des fils de coton ;
  • Les bâtons de rythme que l'on frappe sur le sol ;
  • Les pieds qui font vibrer la terre : chez les Wayanas, il existe même un « pont de danse ».

  • Les hochets en calebasse ou en vannerie contenant des graines séchées ;
la plupart de ces instruments à vent sont utilisés par tous les groupes amérindiens. Les formes, les tailles ou les décorations diffèrent.
  • Les trompes : ouvertes aux deux extrémités, ces trompes présentent un renflement qui sert de résonateur près de l'embouchure, et un pavillon largement évasé. Elles sont généralement fabriquées en bambou ou en bois canon.





  • Les Tules : instruments (de la famille des clarinettes) sont joués généralement dans les orchestres Wayãpi. Un tule se compose d'un tuyau, généralement en bambou. Ces clarinettes sont toujours fabriquées avec des matériaux frais, verts, et elles ne se conservent guère plus que quelques jours en état d'être jouées.
La culture amérindienne est en relation intime avec l'environnement naturel. Cela se retrouve aussi dans la musique :
  • par les matériaux utilisés pour la fabrication des instruments de musique sont extraits de la nature : roseau, bambou, bois canon, os, cire d'abeille, bec de toucan, plume d'oiseaux, griffe de fourmilier... Ces instruments de musique ont une durée de vie courte, quelques mois au plus, quelques jours seulement pour certains.
  • dans la décoration, dans le nom des instruments de musique ainsi que dans les peintures corporelles et les parures de danse.
Les chants
Les paroles des chants sont elles aussi inspirées de la nature. Les chants aigus des femmes et les chants puissants des hommes s'élèvent et sont soutenus par des tambours.
La musique et les chants Aluku 
Cette musique est un héritage de l'Afrique mâtiné du nouvel environnement dans lequel il s'est intégré. La créativité et la vitalité des Aluku et des autres Bushi Nengé dans le domaine musical exprime le triomphe de leurs ancêtres face à l'adversité.

Vie sociale et vie musicale sont inséparables chez les Aluku. En effet, une grande partie de la musique Aluku se rattache à des activités spécifiques ; elle se trouve jouée dans des contextes sociaux bien définis, et à des moments déterminés. Ainsi, la coupe des arbres, ou les tâches destinées à la préparation des rites funéraires ou à la levée de la période de deuil sont toujours exécutées en chansons.

Chez les Aluku, les évènements sociaux les plus importants sont inséparables de leur accompagnement musical : ils ne peuvent tout simplement avoir lieu sans la musique et la danse appropriées.

Les percussions
Les tambours occupent une place privilégiée :
  • le gaan doon (grand tambour) joue la partie principale ;
  • le pikin doon (petit tambour) donne le rythme d'accompagnement ;
  • le tun joue un battement simple.
Parfois, on ajoute à l'ensemble des tambours un autre instrument de percussion appelé kwakwa, composé d'une planche de bois que jouent simultanément plusieurs musiciens, chacun utilisant deux bâtons.

Les instruments à corde
L'agwado est un instrument à trois cordes. Composé d'un résonateur en gourde, dans lequel sont insérés trois « arcs musicaux ». Cet instrument accompagne la chanson.

Gaan doon

Pikin doon

Kwakwa

Agwado
Les danses créoles 
Qui dit rythmes et musiques, dit danses. Celles-ci sont nombreuses. Elles correspondent à des moments précis et impliquent des pas, des mouvements et des costumes particuliers.
Le grajé :
Cette danse de la bourgeoisie guyanaise ouvre la soirée. C'est une danse solennelle et pleine de grâce qui fait penser à la valse. Les danseurs, dansant en couple ou séparément, virevoltent et se saluent.
Pour cette danse les femmes sont en tenue d'apparat : la tétèche ou la princesse. Il leur arrive de porter la robe longue jeune Cayennaise (fleurie) ou la robe à kanmza (jupon blanc, foulard piqué sur la poitrine).

Les hommes portent un ensemble blanc, une cravate et un chapeau de feutre noir.

Le lérol :
Dansé par les classes sociales aisées, le lérol, qui fait penser au quadrille, peut lui aussi débuter une soirée. Les danseurs, généralement 4 couples, se font face sur deux rangées.

Les femmes portent la tétèche ou la princesse, la longue robe longue jeune Cayennaise (fleurie) ou la robe à peignoir.
Laboulanjèr :
C'est le nom de la dernière figure du quadrille français que l'on dansait sous l'Empire. Les figures sont diverses et variées.
Le ka(n)mougé :
Les danseurs piétinent et font balancer leurs bras, ce qui n'est pas sans rappeler les mouvements de la bourrée auvergnate.
Les femmes sont habillées en robe longue jeune Cayennaise, ou avec une jupe, mais l'élément indispensable est le foulard. Les hommes ont un pantalon bleu, une chemise blanche et du madras autour de la taille.

Il existe plusieurs variantes du kamougé :
  • la danse du petit mouchoir (la danseuse doit alors avoir un mouchoir) ;
  • le ralé-mo-kannon ;
  • le mayouri : mayouri sabré (lorsque l'on travaille collectivement à l'abattis), mayouri koupé bwa (abattage d'arbres pour fabriquer une pirogue ou un carbet), mayouri kwak (fabrication du kwak).
  • Les tenues sont alors différentes et l'on préférera porter la tenue bleue ou la petite robe gol courte avec un foulard..
Le moulala :
Il existerait deux moulala : moulala siwo et moulala glissé. Le moulala glissé étant plus guyanais.
Les femmes sont vêtues d'une jupe et d'un corsage et les hommes portent un pantalon blanc ou bleu accompagnée d'une chemise blanche ou en madras.

Le debo :
Le debo signifie deux bords. Elle ressemble à une ronde et serait une danse exécutée sur les placers.
La tenue gros bleu est parfois remplacée par la gol courte pour les dames.

Le bélya - la djanbel :
Ces danses miment les semences.
Tenue d'abattis, le gros bleu avec le kanmza konvwè et les sabots borga pour les dames (qui seront enlevés pour la danse).

Le labasyou :
Cette danse est liée à la fécondité.
Les femmes portent la gol fleurie ou à carreaux. L'homme est vêtu du pantalon bleu, la chemise blanche et le madras autour des reins.

Le kaladja :
Robe gol courte pour les femmes et pantalon bleu accompagné de la chemise fleurie ou à carreaux pour les hommes.

Le djouba-djouba :
Robe gol courte pour les femmes et pantalon bleu accompagné de la chemise fleurie ou à carreaux pour les hommes.

Le kaséko :
Tenue de travail, tenue d'intérieur ou n'importe quelle tenue lorsque l'on prend part à un kaséko qui termine une soirée.

Il y a aussi de nombreuses autres danses : comme par exemple le songué (danse Aluku dansée généralement avec un « pangui » et les kaway (graines portées aux chevilles), les danses amérindiennes et toutes les danses traditionnelles des différentes nationalités présentes sur le territoire.
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