Ma Guyane
La Guyane au quotidien par les guyanais...
 
*

Art Tembé : 
l'artisanat des Noirs Marrons
L'art Tembé est l'héritage des noirs marrons des plateaux de Guyane, gardiens de la culture africaine ressurgie en Amérique du Sud. Il a été l'unique moyen de communication dans les plantations du Suriname, l'ancienne Guyane hollandaise. C'est un art très coloré et géométrique. Il existe sous forme de peinture ou de sculpture. Lorsque les esclaves s'enfuirent, ils s'installèrent sur les rives du fleuve Maroni. Les communautés des marrons devaient se cacher. Pour cela ils allèrent très loin dans la forêt et ils employèrent des « des messages codés ». Le Tembé devint leur « écrit ».

Ce « code secret » est composé de figures géométriques, réalisées à la règle et au compas, qui correspondent au vocabulaire et à la phrase. Cet art s'exprime à travers la peinture, la sculpture et la couture. Il trouve aussi des prolongements dans la coiffure, notamment dans le tressage.

Si la sculpture et la peinture sont pratiquées essentiellement par les hommes, il n'en est pas de même pour la couture. À l'origine, cet art est pratiqué sur des objets usuels : porte, pagne, calebasse, siège, peigne, etc. On voit maintenant apparaître des artistes qui expriment leur art sur des tableaux. Les motifs des tembé ont une signification. Ainsi, lors d'un mariage traditionnel, les hommes offrent un tembé à leur épouse qui symbolise un engagement : la fidélité, la protection, l'envie de fonder une famille nombreuse, etc. La base de l'art est l'entrelacs.

Art profane et décoratif - ce en quoi il diffère de la sculpture africaine traditionnelle, objet de culte - l'art Tembé, art géométrique, est exclusivement produit par deux outils : la règle et le compas à pointe sèche, éventuellement le couteau pour mettre en relief.
Ligne droite et cercle parfait permettent en jouant tour à tour de la symétrie, de la répétition, de l'alternance et de la loi du rayonnement, de construire des entrelacs et des polygones combinés ornant non seulement les objets usuels (cuillère, peigne, porte de case...) faits par les hommes pour les femmes en guise de don et de message d'amour, mais aussi les textiles brodés et les calebasses des femmes.

Fait remarquable, cette tâche n'est pas réservée aux professionnels, aux plus habiles, mais est l'oeuvre de tous. Les enfants dès l'âge de 8-10 ans sont formés au travail du bois, et chacun se doit - comme les Compagnons leur chef d'oeuvre - de réaliser ses objets. D'autant que le tembé même le plus simple n'est jamais le fait du hasard : c'est un travail sur soi, une initiation pour atteindre équilibre et harmonie.
La clé de la connaissance de cet art fait partie de la tradition orale et est détenue par les anciens qui initient les nouvelles générations.

Le Tembé épouse différents supports : le Kopo (triangle faîtier de la maison), la tête de pirogue, la pagaie et la porte ou la façade de la maison. Ce n'est que récemment que le tableau peint sur bois ou sur toile est apparu.
A gauche ; peignes : en cadeau, c'est un véritable message d'amour.

Ci-dessus une pagaie décorée.
La symbolique des couleurs
  • Le noir représente la terre (matière)
  • Le blanc, la femme, la beauté
  • Le rouge, le sang, l'homme
  • Le jaune, le soleil, le feu
  • Le bleu, la Terre (planète), le ciel, l'eau
  • Le vert, la nature
  • Le gris, la nuit, la pluie
  • Le bleu marine est parfois utilisé comme le noir
Le noir et le jaune servent aux « aponchis », les contours et entrelacs.
Plats ronds sculptés ou peints, destinés au vannage du riz.
(Sources :
Francky Amete, artiste peintre
Africultures.com)
Propulsé par MySQL Propulsé par PHP Powered by SMF 1.1.10 | SMF © 2006-2008, Simple Machines LLC | TinyPortal v0.9.8 © Bloc

MaGuyane.org © 2009 - 2010
XHTML 1.0 Transitionnel valide ! CSS valide ! Dilber MC Theme by HarzeM